La conception d'un mur de soutènement à Aubervilliers impose de composer avec un héritage géotechnique bien particulier. Nous sommes sur les alluvions de la Plaine de France, des argiles et limons souvent compressibles que les sondages réalisés dans le secteur de la Porte de la Villette ont largement documentés. L’application stricte de la norme NF P 94-281 (justification des ouvrages géotechniques) et de l’Eurocode 7 devient ici un impératif, pas une simple formalité administrative. Le bureau d’études doit intégrer la poussée des terres en condition drainée, mais aussi anticiper les variations saisonnières de teneur en eau qui modifient la cohésion du sol. Avant même d’esquisser un ferraillage, nous croisons systématiquement les données de reconnaissance avec un essai de cisaillement triaxial pour caler le modèle de comportement sur les éprouvettes locales, et nous vérifions la portance du sol d’assise avec un essai pressiométrique lorsque la hauteur de soutènement dépasse deux mètres cinquante.
Un mur de soutènement sur les argiles d’Aubervilliers se pense avant tout comme un système drainant : sans gestion de l’eau, le calcul structurel devient accessoire.
