Beaucoup de maîtres d’ouvrage à Aubervilliers pensent encore que le risque sismique est négligeable en Île-de-France. Or, depuis le décret 2010-1255, la commune est classée en zone de sismicité 2, ce qui impose des vérifications parasismiques pour les bâtiments de catégories d’importance II, III et IV. Ce que nous observons régulièrement, c’est que les études de sol classiques se contentent d’une approche forfaitaire sans prendre en compte les effets de site lithologiques, pourtant bien réels dans les alluvions de la Plaine de France qui atteignent ici 15 à 20 mètres d’épaisseur. Le microzonage sismique consiste justement à caractériser la réponse dynamique des terrains sous sollicitation sismique en s’appuyant sur des mesures géophysiques in situ, comme le MASW pour obtenir les profils de vitesse des ondes de cisaillement (Vs), ou des essais de réfraction sismique quand l’accès au site est contraint par le bâti existant. Travailler avec cette finesse d’analyse change radicalement le dimensionnement parasismique d’une structure, surtout dans un tissu urbain aussi dense que celui d’Aubervilliers où chaque projet jouxte des mitoyens sensibles.
Sans microzonage sismique, un projet à Aubervilliers peut se voir imposer des coefficients de site trop pénalisants… ou dangereusement optimistes.
