Le sous-sol d'Aubervilliers, posé sur les alluvions anciennes de la Plaine Saint-Denis, réserve des contrastes brutaux. À moins de trois mètres, on passe d'un remblai hétérogène à des sables et graviers compacts, puis à des marnes altérées. Cette stratification erratique, héritée des divagations de la Seine, écarte toute solution superficielle pour les ouvrages dépassant le R+2. La conception de fondations sur pieux devient alors la seule voie fiable. Le bureau d'études doit composer avec une nappe phréatique souvent haute, vers 2,50 m de profondeur en période humide, et un aléa de dissolution du gypse dans les marno-calcaires du Ludien. Pour affiner le modèle géotechnique, le recours au piézocône CPT permet de discriminer en continu les passées lâches des horizons porteurs, un préalable indispensable avant tout dimensionnement de pieux dans le secteur.
Dans les alluvions de la Plaine Saint-Denis, le frottement négatif peut annuler 30 % de la capacité portante d'un pieu si le remblai n'est pas correctement caractérisé.
