À Aubervilliers, on voit régulièrement des chantiers sous-estimer la complexité du sous-sol alluvionnaire. La ville repose sur d’anciens méandres de la Seine, avec des alternances de remblais hétérogènes, d’alluvions sablo-argileuses et de marnes du Ludien. Ce n’est pas une surprise pour nous : la nappe phréatique est souvent haute, entre 3 et 6 mètres, et elle fluctue selon les saisons. Quand on doit descendre à 12 ou 15 mètres pour un parking souterrain ou une station de la future ligne 15 du Grand Paris Express, la conception géotechnique des excavations profondes ne se résume pas à un calcul de butée. Il faut modéliser le rabattement, anticiper les tassements derrière les rideaux et prévoir le comportement des limons sous écran étanche. Dans notre équipe, on combine les reconnaissances au puits d’inspection avec des sondages carottés pour caler le modèle géotechnique avant le moindre terrassement.
Sans une modélisation fine de la nappe alluviale, une excavation profonde à Aubervilliers peut générer des tassements différentiels au-delà de 15 mm sur les mitoyens.
