Un compacteur à pneus lisses passe une dernière fois sur la couche de roulement encore tiède, ses pneus larges laissant une empreinte régulière sur l’enrobé bitumineux. À Aubervilliers, la mise en œuvre d’une chaussée souple ne tolère aucun à‑peu‑près. L’agglomérat des sols de la Plaine Saint‑Denis, souvent saturés en eau à moins de deux mètres de profondeur, impose une vigilance particulière dès la préparation de la plateforme support. Sur des axes comme l’avenue Jean‑Jaurès, où le trafic poids lourds se mêle aux bus de la ligne 150, une structure multicouche mal calibrée peut montrer des signes de fatigue en moins de trois ans. La granulométrie des matériaux de couche de base et l’analyse du CBR routier en laboratoire deviennent alors des prérequis pour anticiper le comportement différé du bitume. Chaque projet de chaussée souple dans la commune doit composer avec une nappe phréatique haute et des remblais anthropiques dont la portance varie parfois de 30 % d’une parcelle à l’autre.
Une chaussée souple bien conçue transfère la charge sans déformation permanente, même sur les remblais hétérogènes de la Plaine Saint‑Denis.
