Entre le secteur du Canal Saint-Denis et les abords de la Plaine des Vertus, les contrastes de compacité du sous-sol d'Aubervilliers sont saisissants. D'un côté, des limons sableux relativement stables hérités de la plaine alluviale ; de l'autre, des argiles molles et des tourbes piégées dans d'anciens méandres de la Seine. Cette disparité, typique du nord-est parisien, oblige à repenser chaque projet de tunnel dès les premières reconnaissances. L'analyse géotechnique pour tunnels en sols mous à Aubervilliers ne se résume pas à un profil de forage : elle reconstruit le modèle rhéologique du massif pour anticiper convergences et tassements. Une analyse granulométrique précise des dépôts fins permet de corréler la plasticité aux pressions de confinement attendues, tandis qu'un essai triaxial consolidé non drainé fournit les paramètres de résistance au cisaillement indispensables aux simulations numériques de front de taille.
Sous Aubervilliers, les argiles de Romainville peuvent perdre 40% de leur cohésion non drainée en présence d'eau libre, modifiant radicalement les pressions de front de taille.
